LA PHOTOGRAPHIE D’ARCHITECTURE [AVEC EPAILLARD & MACHADO] (RE-PORT)

Jérôme Epaillard et Teresa Machado sont tous deux photographes. Leur agence s’est notamment spécialisée dans les domaines de l’architecture, de la construction et Mies. FR à décidé de partir à leur rencontre pour entendre leur point de vue et mieux comprendre leur approche.

En ce qui concerne la place de la photographie dans architecture, Jérôme, qui a accepté d’être passé à la question, nous explique qu’en tant qu’artiste, le photographe peut apporter une valeur ajoutée à la vision de l’architecte, mettre en évidence des choses qu’il n’avaient peut-être pas perçues jusqu’alors. Une relation doit dans l’idéal s’établir entre les deux professionnels, leurs deux visions pouvant s’alimenter mutuellement. Selon lui, la photographie d’architecture doit être à la fois informative et esthétique, et permettre de donner une nouvelle vie à l’ouvrage, la photographie ayant avant tout « un rôle de mémoire ».

EPAILLARD

Face à l’omniprésence certaine des images 3D,. Jérôme estime qu’une collaboration est toujours possible entre les perspectivistes et les photographes, deux métiers résolument distincts. Cependant, il rappelle tout de même la place qu’occupe aujourd’hui l’image, en particulier dans le monde de l’architecture, et nous confie son inquiétude de voir le travail des photographes sous-estimé.

Il nous parle également de cette « culture de l’image », qui nous entoure. Il estime en effet, qu’en France, contrairement à nos voisins anglo-saxons, il y a « une culture plus partagée du texte et de l’image ». Les agences françaises feraient selon lui moins appel à des photographes professionnels que les agences anglaises ou américaines, qui ont pour leur part complètement intégré le recours à des professionnels de l’image (photo, 3D, etc…) dans leur communication et leur promotion.

EPAILLARD (2)

Quand à savoir si la photo dépeint la réalité, Jérôme Epaillard nous rappelle que le photographe « apporte nécessairement son regard, sa vision de l’ouvrage » , qui n’est pas forcément celle de l’architecte ni de l’usager. L’utilisation de logiciels de retouche comme Photoshop -pour ne pas le citer – sont pour lui un moyen d’accéder à cette nouvelle réalité plus vraie que nature, afin de montrer le meilleur visage possible du bâtiment. Il faut savoir se faire beau pour traverser les siècles. Le remodelage et l’interprétation de notre environnement ont selon lui toujours fait partie du métier de photographe, l’utilisation de chambres noires étant simplement l’ancêtre des logiciels de retouche…

Plus d’infos sur

http://www.epaillardandmachado.com

Article par César Bazin

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